Donc, certains bébés pleurent plus que d'autres. Quand on en arrive à calculer leur temps de pleurs (minimum 2h30 par jour pour 'Ti deuz vers 2 mois), on se dit qu'il y a un problème. Et c'est justement ce que le bébé communique : le bébé n'a que le pleur, celui-ci est fait pour créer une situation de stress chez la mère afin qu'elle réponde au besoin de son bébé. [Leurs mots sont pas dans mes moyens]. Refuser d'entendre ce pleur, le cataloguer de "normal" et désensibiliser la mère au cri de son enfant serait donc contre-nature [Écoute ton cœur, apaise le mien]. Je ne parle pas ici de la situation où le bébé râle le temps de terminer une tache avec un ainé ou autre (on s'organise comme on peut !), mais plutôt de ce fameux conseil qu'on peut entendre régulièrement "Si tu le laisses pleurer, il va bien finir par s'endormir, non ?" ou aussi "Il a pleuré au départ, mais maintenant c'est bon" [Non, ne dis pas que ça me passera]. Certes, il va sans doute finir par s'endormir. Mais au-delà de cet effet à court terme, que retient-il sur le long terme ? Que lorsqu'il communique, on ne l'écoute pas ? Que lorsque quelque chose ne va pas, on ne lui répond pas, ou on lui répond qu'il va se débrouiller seul dans son lit ? Qu'on n'est là que pour les bons moments et pas les mauvais ?
Alors, oui, il y a des moments (nombreux) où on n'en peut plus, on bout, où la seule chose que l'on se sent capable de faire c'est de poser ce monstre hurlant, à défaut de se/le jeter par la fenêtre [Ces nuits, ces pleurs, ça me tue]. L'abnégation a des limites, plus ou moins proches selon les personnes, et on est faillible. Mais souffler un peu permet de reprendre ses esprits, essayer autre chose, boire un peu, pleurer aussi… bref, libérer ses émotions propres pour pouvoir accueillir celles - entières, franches, indiscutables - de son petit.
Et on cherche ce qui ne va pas, car il y a FORCEMENT quelque chose qui ne va pas. Un nourrisson ne pleure pas par caprice, il ne sait pas ce que c'est. Il ne pleure pas pour embêter ses parents, il ne sait pas qu'il est LUI et que nous sommes NOUS, il pense toujours être une partie de sa maman. On tâtonne, on essaie, on recule, on avance. Trop chaud, ou trop froid ? Trop ceci, ou trop cela ? Et s'il avait mal au ventre ? Et s'il ne pouvait pas dormir comme cela ? Et qu'est-ce que j'ai mange déjà hier ?
On consulte pédiatre, ostéopathe, kinésiologue, allergologue, naturopathe... n'importe qui ayant meilleure connaissance que nous sur nos dysfonctionnements physiologiques, et qui pourra nous proposer des pistes, des manières de voir, nous rassurer aussi.
Pour la petite histoire, Ch'ti puce a arrêté de pleurer après avoir vu l'ostéopathe ET par l'éviction des produits laitiers dans mon régime alimentaire (sans pour autant être allergique, elle en a remangé quelques mois plus tard). Il me restait "plus qu'à" la bercer pendant 30mn pour la poser ensuite. Et 'Ti deuz a un Reflux Gastro-Oesophagien (j'y reviendrai plus tard) diagnostiqué par le pédiatre ET il serait sensible au blé (dixit la naturopathe). Si j'en remange trop, il recommence de se réveiller 2h en pleine nuit, et impossible de le poser dans son lit jour ou nuit, il ne dort que verticalement contre moi après pas mal de balade dans l'appartement aussi. Pratique.…
Et certains bébés sont plus "difficiles" que d'autres. A ce mot - difficile- je préfère celui d'Intense, par la définition du Dr. Sears (à lire en français ici). Apres avoir tout essayé, certains bébés continuent de ne pas être bien. Peut-être ne voulaient-ils pas sortir du ventre de leur mère, après tout. Peut-être ne souffrent-ils pas du tout ce monde extérieur et la seule chose qu'ils demandent, c'est de rester au chaud, contre Maman. Là où il fait bon, où il fait chaud. Où un coeur de mère bat si fort.
Et alors, constamment rassurés, aimés, portés, câlinés, parlés (même si c'est pour leur dire qu'on en a un peu beaucoup ras le bol, ça fait du bien de
En attendant, Dieu que c'est dur...

5 commentaires:
comment dire à quel point je comprends....
comment dire à quel point j'acquiesce...
et pour me remonter le moral : c'est quand même une belle aventure, pas toujours facile, où nous apprenons sur nous même, sur eux, sur notre couple. Une aventure difficile où nous apprenons qui nous sommes, ce que nous sommes (parent, femme, épouse), qui Ils (les enfants) sont, ce qu'ils sont. Mais où surtout nous apprenons l'amour, ensemble.
Alors juste pour toi, de la force, un calin pour surmonter plus facilement le moment où on se dit que c'est dur...
jenn
Merci Jenn de ce doux commentaire, il fait chaud au coeur
je me relis - revois - réentend - revis dans tout ce que tu écris ! tu sais à quel point CharlesM a été un bébé intense ! et à quel point ça a été difficile pour nous tous. Mais ce qui est bien vrai c'est que ça ne sert à rien d'ignorer ou de dissimuler, il faut apprendre à décoder petit à petit et prendre patience ... quand je vois aujourd'hui où on est rendus, je me dit que ma bataille en valait la peine et que non, mon fils n'était ni autiste, ni sourd, ni un bébé hyperactif (mon dieu oui il y a des gens qui disent ça !) il a juste eu besoin de plus d'attentions et de temps que les autres pour finir de mûrir ...
Aujourd'hui les nuits complètes sont enfin plus nombreuses que les nuits où il se réveille, les crises ont été remplacées par des mots (pas toujours très académiques ;) mais bon ça sort !) et avec le recul je pense que d'épuisement on avait simplement hâte qu'il grandisse même si ces mois là sont maintenant passés et qu'on ne les retrouvera plus, avec tous les regrets qui vont avec ...
Bref que te dire de plus que courage et continue de faire comme ton coeur te dicte.
Plein de bisous
Ariane
je n'ai pas vécu cette même expérience avec les enfants et je ne peux que deviner ce que tu vis. Poser des mots sur les maux comme tu le fais, c'est un grand pas vers le mieux, c'est re-connaître, décrypter, lâcher, vivre l'expérience, ne pas ignorer et passer à côté. Alors courage et patience. Gambarimasu !
Et moi la taty qui a profité de ces deux bouts de chou pendant une semaine, je peux dire que la Maman peut être fière d'elle, même si c'est difficile, même si parfois on est au bout du rouleau, même si on enverrait bien tout et tout le monde au fin fond de la Patagonie (pourquoi Patagonie d'ailleurs ?). Et puis je suis d'accord ces longs mois difficiles il faut quand même essayer d'en profiter et d'en garder le meilleur souvenir, les pires on en rira quand ils seront grands...alors qu'importe les choses que l'on ne peut pas faire, qu'importe les conseils que l'on ne suivra pas, au plus profond de notre coeur on sait nous les mamans que nous agissons pour le bien de nos chers bambins et ne nous culpabilisons surtout pas ! Bon courage
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